MAGIQUE SESSION "Dédié a Nounours"

Dring…4h du matin, c’est l’heure de se lever, j’embrasse l’Amour de ma vie et dans mon élan je me glisse dans mon pantalon et mon tee-shirt, un bon café et c’est parti direction les grande étendue ou j’ai rendez-vous avec vielle connaissance, de son surnom …Tornado, et Nounours, mon regretté et défunt ami.


Au Fur et a mesure, j’avale les kms que jadis je traversais en sa Compagnie. A présent, il m’accompagne dans mon esprit, j’ai l’impression quand je pêche qu’il est prés de moi juste à mes cotés , qu’il partage ces moments. Si loin dans le ciel étoilé si prés dans mon cœur il me manque.
Enfin j’arrive à destination, je descends de la voiture et m’approche du lac, je m’accroupi, les yeux fixés au ciel, tout en caressant l’eau, je lui adresse une prière chère à mon cœur.

Lentement au loin l’aurore avance, éteignant les étoiles, je m’empresse de me garer et charge le zodiac, une belle journée se prépare. C’est parti, doucement je glisse sur l’eau, pénétrant la brume matinal qui capitonne la surface du lac, gommant derrière moi toute trace, j’ai l’impression de me rendre dans un autres monde, loin de tout entrave.
Après 35 mn de navigation j’arrive au poste, mon dieu, il y à si longtemps…, j’ai des frissons sur tout mon Corps. Je débarque et m’assois sur une motte de roseaux,

Le jour commence à se lever. Il n’y a pas un brin de vent, comme si la nature retenait son souffle dans l’attente du jour naissant.
Très vite la nostalgie m’envahit, le temps s’écoule lentement, inexorablement. Je passe un heure plongé dans le passé. Mon regard capte un mouvement : d’un vol puissant, somptueux, un cygne passe au ras de l’eau. Le battement de ses ailes émet une plainte sifflante lorsque leurs rémiges giflent l’air, et parfois, celles-ci effleurent la surface, faisant naître de courts sillages qui troublent un bref instant le miroir de l’eau. Suivi de c’est instant magique,

je me lève et décharge le zodiac

J'amorce mon coup. Et lance à l'eau les boulettes de farine d’un amalgame que j'ai méticuleusement confectionné hier et dont le savant mélange est, bien entendu, composé de farine que Claude m’a soigneusement préparé. Celles-ci crèvent la surface dans un fracas d’une telle incongruité que j’éprouve presque du remord à troubler ainsi le silence sacré de l'aube. Mais on a beau célébrer la sérénité du moment, on n'en reste pas moins pêcheur, et vient toujours l'instant où l’exaltation halieutique finit par l'emporter sur la poésie! A 5 Mètres du bord, j’installe mon baldaquin, monte mes cannes et sort les montages que Jai méticuleusement préparé pour cette occasion






Pendant ce temps, la lumière a effacé les derniers vestiges de la nuit. J’aurai beau le vivre mille fois, jamais je ne me lasserai de savourer cet instant magique au cours duquel je suis le témoin, humble et privilégié, de l’entrée en scène d’un jour nouveau, encore vierge de toute agitation humaine, quand le ciel hésite entre le rose et le bleu, seuls résonne le chant flûté des oiseaux.


La matinée s’avance Il n’est pas loin de 8h30. Répondant à mes attentes, quelques beaux gardons argentés, sont venus sauter sur mon amorçage, accompagnés d’un jolie saut de carpe. Derrière moi, au loin, le soleil à fini d'enflammer la cime des arbres. Je perçois alors la chaleur de ses rayons sur ma nuque et mes épaules. Une brise légère s’est levée. Par endroits, elle plisse la surface du lac d’une multitude de ridules qui renvoient des éclats de soleil. Par expérience, je sais déjà que cette brise va peu à peu prendre de l’ampleur et creuser davantage les vaguelettes qu’elle façonne sur l’eau, répandant ainsi les doux parfums de mon amorçage entraînant les belles sirènes sur mon poste. La journée et bien avancée et rien ne se passe. Je décide de faire une petite sieste afin d’être en forme pour la nuit.



Plongé dans mes pensées, je revis avec nostalgie et tristesse tous ces moments de bonheur passés avec Nounours, les joies inoubliables des combats nocturnes, dans nos pêches acharnées, éclairées par la lune brillante.
Nous étions en osmose telle un tableau de Michel Ange.
On discutait souvent de nouvelles stratégies, on remettait toujours en doute nos méthodes de pêche & à force de sacrifices et de persévérance, la chance finissait par nous sourire.
Nous étions arrivés en état de grâce à approcher la perfection.
Cela nous permit de participer aux enduros, sans aucune pression, avec pour seul but de nous auto-évaluer. Après avoir gagné des enduros tout en s’amusant, c’est tout naturellement que nous nous sommes lancé le défi suivant à savoir le championnat de France.
En survolant cette compétition pour laquelle, nous avons brandi la coupe de la première place,

nous avons naturellement envisagé de nous présenter à la coupe du monde.
Toujours dans mes pensées, je revis alors cette exaltation commune à l’idée de participer à cette nouvelle épreuve qui avait lieu en Roumanie.
Tout aller pour le mieux, puisque même les sponsors étaient au rendez vous, quelle joie de ce heurter au gratin des meilleurs pêcheurs du monde… Mais le sort en a voulu autrement.
Hélas un infarctus venait de terrasser mon partenaire de pêche me laissant du même coup orphelin 2 mois avant la compétition.
Mon ami, est trop tôt parti, et j’ai souvent bien du mal à l’admettre.
Il est 18h,00 mon détecteur me tire de cette nostalgie & me renvoie au monde présent, les yeux encore embués de larmes je me dois d’être toujours présent au combat, il m’appartient aujourd’hui de pêcher en ayant fait ce deuil.
Je sais en moi qu’il restera à jamais prés de moi dans mon cœur, et je viens juste de comprendre son message métaphysique ultra simple : « seul ou en groupe, prends ce plaisir que la nature nous donne, & partages-le avec tes nouveaux amis ».
Ce Bip malheureusement ne donnera pas de suite. Je retire mes cannes de l’eau et change les bouillettes, toujours le même Parfum, kraken booté kraken et enrobé de sweet en poudre. Je relance et derrière, je renvoi une cinquantaine de bouillettes

Gorgé de silence et de paix, je patiente, profitant de ce moment de joie, attendant que la nuit vienne.
Il est 20h35 je me restaure et me prépare pour la nuit.


Allongé sur mon bed, je regarde le jour s’éteindre lentement laissant place aux d’étoiles. Les yeux scrutant les reflets de l’eau, éclairée par cette pleine lune majestueuse,


je me retrouve seul dans le silence, l’esprit dans le vide, débarrassé de tous soucis. Une certaine quiétude envahit mon être, tous prés, il y a de l’activité. Seul au loin des cris d’oiseaux nocturnes déchirent ce silence. Le clapotis de l’eau soufflée par le vent commence à me bercer et m’appelle dans les bras de Morphée.
4h00 je suis réveillé par un bip. Je me prépare à ferrer mais rien ne se passe, surement un poisson qui a du heurter le fil. Sur ma lancé je me prépare un café et m’assois à coté du rodpod. 4h20 : le détecteur sonne 1 fois ,puis 2… c’est parti, le combat est engagé. L’adrénaline est forte et intense. Le simple fait de penser que la belle peut se « soucher » me fait trembler de tout mon corps, la sensation est trop forte, elle me prend du fil comme si rien ne se passait. Aussitôt, je monte sur le bateaux et part à sa rencontre, les secondes sont multipliées par dix. Le combat me parait interminable, elle dégage une telle force que c’est elle qui dirige le zodiac, il y avait si longtemps que je ne m’étais pas fait autant secoué. C’est du pur bonheur, petit à petit je la ramène vers moi, le combat se radouci. J’aperçois à quelques mètres les remous & dans un dernier effort elle me reprend une quinzaine de mètres de fil, puis doucement je la ramène vers moi, « mon dieu qu’elle est belle ». L’adrénaline se transforme en joie, pour ne pas dire en fierté.
Cette joie atteint des sommets quand la belle glisse dans l’épuisette. Je m’empresse de rentrer au poste pour peser ma merveille. Mon dieux le peson est a la hauteur de mes espérances tant attendues, de tous ces efforts enfin récompensés. Les larmes de joie inondent mon visage. Soigneusement, je la glisse dans l’eau pour faire plus tard des photos. Je me rallonge dans mon bed pour me reposer du fabuleux combat que nous nous sommes livré.

Pendant cette session, je me suis amusé comme un fou, j’ai cassé 1 fois, tanké et décroché 2 fois et pris 5 fabuleux poissons, donc un nouveau record que j'ai bâtiser " llena luna ", (pleine Lune ), j’ai vécu un moment qui me restera inoubliable. Le cœur + léger de mon deuil, et la joie d’avoir enfin retrouver le plaisir de pêcher.







Le petit matin arrive, doucement le soleil se lève dans des tons de feux, "la journée devrait être belle" je rentre a la maison.